La santé des étudiants en France en dégradation

(Dernière mise à jour : 6 décembre 2015)

Les étudiants renoncent aux soins médicaux suite au manque d’argent

La crise économique et les coûts élevés de la vie n’ont épargné personne, particulièrement les étudiants. Selon la troisième enquête nationale « Santé et conditions de vie des étudiants », qui a été dirigée par La Mutuelle des étudiants  auprès d’environ 8 500 étudiants, plus de la moitié des étudiants e France vivent avec moins de 400 euros par mois, ce qui a amené plusieurs d’entre eux à travailler à côté des études.
En 2003 on comptait 48% des étudiants qui travaillent, en 2010, ils sont 68%.

Les étudiants en France renoncent aux soins


Ce manque d’argent entraîne nécessairement des compromis, surtout en ce qui concerne la santé. En 2011, 34% des étudiants ont annoncé avoir renoncé aux soins contre 23% en 2008.
Gabriel Szeftel, le président de la LMDE a signalé que c’est encore plus grave  » alors qu’en 2008, ce renoncement concernait les soins les plus coûteux, dentaires et optiques, aujourd’hui il touche les soins les plus courants ».
En fait, suite à la baisse du régime de base, les étudiants, tout comme le reste de la population, n’arrive plus à financer leurs frais médicaux particulièrement suite aux inégalités qu’on voit dans la complémentaire santé avec 20 % qui n’en possèdent pas contre 6 % pour l’ensemble de la population.

La LMDE prévient d'une dégradation de santé chez les étudiants

Une étudiante de 25 ans, Ombeline Duprat, a déclaré « me soigner n’est pas ma priorité, je n’ai ni l’argent ni le temps ». Ombeline est une étudiante en master de recherche en histoire de l’art à l’EHESS, elle a ajouté qu’elle est contrainte de  travailler vingt heures par semaine à la Bibliothèque nationale pour cumuler 640 euros par mois. Son loyer est à 425 euros sans les charges, il lui reste seulement 150 euros pour la nourriture un peu de loisirs, donc se soigner n’est pas une priorité pour elle, « un Doliprane fera l’affaire », rigole-t-elle.
Elle a ajouté que « tout est calculé, je dépense environ 80 euros pour me nourrir. Je privilégie les plats faits maison et heureusement que je peux déjeuner pour un euro au travail ». La jeune fille souhaite préparer une thèse, donc il lui  faut encore 4 ans à passer dans ces circonstances.
Un autre étudiant en licence d’administration économique et sociale à l’université Lille-II, Alexandre Guérillot assure qu’il profite d’un budget « calculé à l’euro près, surtout la deuxième moitié du mois. Si je dois avancer les frais de la consultation et le coût des médicaments, alors je ne peux pas manger pendant un ou plusieurs jours. Le calcul est vite fait, je préfère m’en remettre à mon système immunitaire qui, jusqu’ici, n’a pas mal fonctionné pour les pathologies bénignes. »
En plus des coûts élevés des honoraires, la plupart des étudiants signale que l’une des causes du renoncement aux soins concerne la lenteur des remboursements, surtout quand le médecin traitant ne dispose pas d’un terminal carte Vitale. Sophie Caille, une étudiante de 21 ans à Bordeaux a souligné que« cela fait six mois que j’ai une dent de sagesse douloureuse mais j’ai renoncé à aller consulter car je sais qu’il faudra passer chez le dentiste et ensuite faire des radios, mais compte tenu des retards de remboursement, j’attends d’avoir de l’argent de côté ».
Emmanuel Zemmour, le président du syndicat étudiant UNEF a déclaré que « la santé des étudiants devra être l’un des grands chantiers du nouveau gouvernement ». Selon lui cette catégorie a été délaissée par les gouvernements précédents sous prétexte que 82% de cette population se porte bien.
Laurent Wauquiez, alors député UMP de Haute-Loire en 2006 avait publié un état des lieux de la santé et de la protection sociale des étudiants dans lequel, il signalait des dégradations dans le secteur de la santé des étudiants. Il a proposé, à l’époque la création d’un chèque-santé de 100 euros pour permettre aux étudiants de souscrire une mutuelle.
De même en 2007, Nicolas Sarkozy, avait annoncé qu’il a prévu de créer un chèque national santé de 200 euros, mais cela n’a jamais été mis en œuvre ce qui a amené plusieurs régions à mettre en place des aides à la complémentaire santé notamment l’Ile-de-France, Midi-Pyrénées…Ceci a permis à environ 20 000 étudiants de bénéficier de ce dispositif.
Le nouveau gouvernement est face à un problème très grave et qui pourrait connaitre des dérives très inquiétantes. L’UNEF a assuré qu’elle compte faire entendre sa voix à n’importe quel prix.

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