Santé : les progrès technologiques alourdissent les charges des assurances-maladies

(Last Updated On: 25 juin 2015)

La première forme d’assurance-maladie remonte au 19ème siècle en Allemagne suite à Bismarck. Ce tout premier modèle d’État-Providence a mis en place un système de retraite, une assurance santé et une assurance contre les accidents. Grâce à lui, les citoyens pouvaient espérer une prise en charge à leur retraite, en cas de maladie ou d’accidents. Ce n’est qu’un siècle plus tard, soit en 1920 que la France l’a adopté.

En 1911, l’assurance-chômage apparait et devient rapidement obligatoire dans plusieurs pays européens.

En même temps que la France, de nombreux pays européens sont devenus des États-Providence, mais si on se fie littéralement au sens du mot, aucun pays ne respecte vraiment ses exigences. En effet, un État-Providence se doit de prendre en charge totalement les fonctions sociales qui lui incombent et pour lesquelles il s’est engagé et pourtant, dans tous les pays, la prise en charge n’est jamais totale. De plus, les assureurs ciblent des cas précis quel que soit le domaine.

Après la deuxième guerre mondiale, les aides fournies par les assurances s’élargissent et les États-Providence commencent alors à s’intéresser au logement, à l’éducation, aux transports publics et à la culture. Les domaines sociaux touchés par cette tendance s’élargissent donc, mais les aides restent toutefois partielles.

De nos jours, on distingue encore deux modes de financement distincts à savoir :

–          Le mode libéral comme celui qu’utilise la France : les prestations sont distribuées gratuitement et librement.

–          Le mode socialiste comme celui qu’utilise la Grande-Bretagne : le budget provient surtout des impôts et les soins fournis par les services publics sont octroyés « presque » gratuitement, car le citoyen doit apporter un peu du sien.

Malgré leurs différences, ces deux modes sont redistributifs, car les cotisations apportées par les citoyens dépendent de leurs revenus et non des risques.

Les conséquences des progrès technologiques sur ces systèmes

Lorsque les États ont décidés de devenir des États-Providence, les coûts estimés à ces aides sociales étaient alors normaux, mais avec les progrès technologiques, les coûts se multiplient et les assurances-sociales n’arrivent pas à s’adapter à l’évolution trop rapide du monde actuel.

Lorsqu’on parle de progrès technologiques, on parle du NBIC qui englobe les Nanotechnologies, les Biotechnologies, l’Informatique et les Sciences Cognitives. Des domaines qui coûtent chers à l’État, mais qui sont toutefois de plus en plus utilisés dans le domaine de la santé puisqu’ils englobent la génétique, la biologie moléculaire, la chirurgie non-invasive et la modélisation. Avec un accroissement trop rapide de la population et la généralisation des maladies « industrielles », les assureurs ne suivent donc plus la cadence et pourtant ils le doivent bien dans le cadre de l’État-Providence.

Non pas que les progrès technologiques sont néfastes, bien au contraire puisqu’ils permettent une meilleure prise en charge aux citoyens, mais ce sont leurs coûts qui dérangent parce que qui dit innovation, dit frais et comme les citoyens ne payent pas, c’est aux assurances de débourser. Résultat : depuis l’année 2003 en France, les dépenses reliées aux services sociaux dépassent largement les dépenses de l’État.

Ce qui signifie qu’avec un système d’assurance déjà peu clair, nous revoilà dans un flou total et on craint le pire pour les années à venir. Si on se base sur le PIB national, les dépenses sociales en France couvrent déjà les 12 % donc d’ici à 2050, elle pourrait égaler le PIB actuel des USA qui s’élève à 20 %. La nécessité d’une régulation s’impose donc dans la liste des urgences à régler au plus vite, mais comment faire sans délaisser les citoyens surtout qu’avec l’augmentation des cas de cancers, les traitements deviennent de plus en plus personnalisés et du coup, plus chers encore.

Deux cas peuvent alors se présenter avec les progrès technologiques en matière de santé. Soit on octroie des traitements sur-mesure à tous les malades et on dit adieu à l’économie d’échelle soit on fait une chronicisation des maladies pour réduire les coûts, mais allonger les durées des traitements. Choisir devient donc de plus en plus difficile pour l’État, mais il faudra bien qu’il le fasse.

Que pourrait-on donc faire pour réduire les coûts ?

En France, tous les citoyens veulent avoir les meilleurs soins pour vivre plus longtemps or ils vont devoir comprendre qu’entre ce qu’ils veulent et ce que les services publics peuvent faire, il y a une énorme différence. Étant donné que l’assurance-maladie ne peut suivre l’évolution technologique, il devrait donc se tourner vers d’autres solutions, peut-être moins efficaces, mais toutefois efficaces à long terme.

La première solution que les États-Providence devraient adopter est la prévention. En renforçant les mesures de préventions, l’État s’expose à moins de maladies donc à moins de risques.

Ensuite, ces États devraient faire une différence entre les soins à prendre en charge. La différence entre véritable solidarité et petits bobos pouvant être pris en charge par d’autres autorités doit être établie pour que les dépenses de l’assurance-maladie n’explosent pas.

Enfin, en ce qui concerne le personnel médical, les États devraient les rémunérer en fonction de leur travail.

Ce ne sont néanmoins que des propositions pour accélérer la cadence, car c’est là que repose le véritable problème. On est content que le domaine de la santé ait accès à de nouvelles technologies pour mieux encadrer les patients, mais ce qui serait réellement bien c’est que les États-Providence, du moins les assurances-maladies puissent évoluer à la même vitesse que l’innovation.

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